Petite fille en blanc, comme un papier dans l’herbe. Pas si léger que ça. Mais le soleil brille, chansons d’amour dans l’air, et Lili a croisé Louis Garrel dans un café parisien. Bon signe. Elle se mordille la lèvre et puis croise les doigts. Superstition de gosse.
La cicatrice me gratte. Mais la tête est moins lourde.
Blottie contre lui, comme avant la tempête. Sans effacer l’ardoise. Pardonnera, pardonnera pas. Mais quoi? Les jeux sont faits depuis longtemps. Demi sourire, main dans la main, et blagues vaseuses. Il ne fait plus froid, et la Tour s’est ouverte. Aucun garde en faction, en bas de l’escalier. Pas de chien à trois têtes, en barrière, au sommet.
Une guitare qui se goure, langoureuse idiotie. Mais quoi? Je souris. Je souris. Je souris.
Sous le vert des feuilles, sans aucune cigarette.
Ronde de baisers fraternels, on n’attendra pas plus quand le volet se baisse.
Sans amertume, pas mieux.
Que la promesse de se laisser une place, à l’un, à l’autre. Celle là, on la tiendra. Parole!
Que la promesse de pas renier les souvenirs communs, les magiques, les médiocres, les insultants. D’assumer notre connerie jusqu’aux bouts des doigts. Entrelacés.
ça ressemble curieusement à une petite plaisanterie d’été.
Trois fois rien qui remonte la pente.
Effort réconfortant.
Mais quoi? Les jeux étaient fait depuis longtemps. Périlleuses chaises musicales. ça sonnait faux, je crois. Disputes et déchirures à outrance, profondes rayures sur nos carapaces respectives. Restons en là et autres au revoir. Ridicules et tristes, l’envie de mordre au coeur, de ne penser chacun qu’à son petit nombril, trois égoïsmes en peine, deux contre un. J’ai bien cru que j’allais me noyer, à maintenir des distances impossibles. Malaise que je baladais partout avec moi. Plus pour un que pour l’autre, que je pleurais par défaut.
ça me lançait le soir, avant de m’endormir, les rires bafoués qui traînaient leurs guêtres et rassemblaient leurs restes sur le plancher scénique.
La petite fille en jupe claire ne voulait pas se construire en victime du début à la fin. Encaisser et se taire, la règle d’or plaquée sur le plafond, au dessus de son lit d’infortune.
A tout hasard faire la roue, laisser la fierté aux paons hypothétiques, ce n’est pas un sujet ouvert à nos spéculations.
Se remettre la tête à l’endroit pour que les yeux cessent de fixer la matière grise pleine d’idées trop noires.
Entrevoir la blancheur d’une robe d’été, le métronome qui bat devant le téléphone. Trop encline à s’émouvoir face au silence qui dure. Plus personne en tête. Ou sans précision.
Cerise déconfite n’ose pas harceler l’objet de ses pensées, débarqué à l’improviste sur les rives en friche. La porte de l’oubli ne trouve pas sa clef.
*

Lili est indécise sous le soleil brûlant. Macha partie, elles peuvent danser. Elle peuvent penser en forme de point d’interrogation. De l’inouï et du spectaculaire, de nouveaux joueurs mais sans aucune triche. Formes floues dans les marches, sur lesquelles je ne peux me résoudre à poser un nom, un visage, une cage factice.
Il fait bon vivre après le grand bazar.
Une petite fille en blanc jouait sous l’herbe verte, la fiancée du vide. Aussi légère que ça. Fleur bleue sans consistance. J’ai horreur du pastel et de tous ces violons. Et pourtant, dans la douceur du soir, je me prends à rêver sous des fripes de mariée. Mon coeur a une furieuse envie de battre.
Le numéro de Chérubin en poche. Comme besoin de conseils. Savoir où le vent me mène sans me briser le souffle. Creux.
Je voudrais une muse.
Le palpitant qui me démange, comme envie que ça change plus vite.
La porte de l’oubli se laisse désirer.
Petite fille en blanc, légèrement chiffonnée. .
S’en remettre au vent
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